L'Aubrac
In loco horroris et vastae solitudinis...

L'Aubrac est un lieu de vaste solitudes, un plateau usé par l'érosion, qui a laissé de lents moutonnements, défrichés par les moines, se recouvrir d'un dense tapis d'herbe riche et grasse, piqueté de millions de fleurs.

"Images d’un dépouillement presque spiritualisé du paysage, qui mêlent indissolublement, à l’usage du promeneur,
sentiment d’altitude et sentiment d’élévation."
Julien Gracq, Carnets du grand Chemin, Pléiade tome 2

L'Aubrac ou la Lune ?

L'Aubrac peut être terrifiant l'hiver, quand la tempête fait rage, ou au printemps, lorsque la brume tombe si dense que vous êtes instantanément perdu.

Les pèlerins qui le traversaient autrefois pour aller à Saint-Jacques le savaient bien, qui en gardaient un souvenir effrayé. L'un d'entre eux a même créé le monastère d'Aubrac pour accueillir et protéger ceux qui traversaient le plateau.

Mais c'est surtout un terrain de promenade et de méditation hors du commun, des espaces sans limites destinés à vous seul, infiniment vivants et généreux. Annie a trouvé les mots justes pour célébrer l'Aubrac.

l'Aubrac en hiver

"Rarement je pense au Cézallier, à l'Aubrac, sans que s'ébauche en moi un mouvement très singulier qui donne corps
à mon souvenir : sur ces hauts plateaux déployés où la pesanteur semble se réduire comme sur une mer de la lune,
un vertige horizontal se déclenche en moi qui, comme l'autre à tomber,
m'incite à y courir, à y rouler, à perte de vue, à perdre haleine".
Julien Gracq, Carnets du Grand Chemin, José Corti Editeur, 1992.

"Parce que dans ce paysage, on a le sentiment qu’on peut aller partout, on a une impression de liberté étonnante. C’est ce qui fait pour moi le charme des grands plateaux comme ceux de l’Aubrac…. "
Julien Gracq, Entretiens avec J Louis Tissier, Pléiade tome 2

Allez sur l'Aubrac et vous comprendrez !

 La retenue d'Aubrac au coucher du soleil

"Pays de vent que rien ne contredit, les arbres ici se comptent facilement.
L'abondance de murets de pierre sèche, seules verticalités dans l'immense platitude, l'absence de constructions, de haies, de végétation haute, n'est pas sans faire penser au Connemara. Mais il y a le ciel trop pur, trop vide, sans la moindre trace de nuage, et, surtout, l'absence définitive de la mer et de son souvenir. On se trouve ailleurs, dans l'accomplissement d'autre chose et c'est heureux. Fascinants monts d'Aubrac si méconnus qu'on ne sait dans l'instant vous fixer sur la carte, négligés du tourisme, rudes au-delà de tout et craints en conséquence, mais tellement beaux que vous méritez d'être absous, d'entrée de jeu, des misères dont vous chargez le monde qui vous côtoie.

Un lac d'hiver, gelé...

Réputé par l'histoire fossoyeur de pèlerins égarés, l'Aubrac est, dit-on, toujours capable de tuer, sans intérêt ni plaisir, mais parce que c'est ainsi et qu'il faut bien entretenir une réputation que du reste on n'a pas choisie. Que l'Aubrac soit d'un commerce délicat est une affaire entendue. De là à le revêtir des oripeaux du spadassin trop souvent avancés dans les faits divers, il y a une marge importante sur laquelle il vaut mieux se tenir. Jamais en reste pour noircir le tableau, rumeurs,
légendes, et superstitions se bousculent pour déposer plainte, amener des soupçons de preuves, effrayer."

Jean-Claude Bourlès - Retour à Conques
Petite Bibliothèque Payot / Voyageurs - pages 110-111
texte présente par Jean-Baptiste Cilio

Découvrez d'autres photos de l'Aubrac, grâce à Benoit.

Aubrac

Venez marcher sur l'Aubrac, grâce à deux sites : Chamina et le site du Tour des Monts d'Aubrac.

Lisez le poème sur le site de l'école de Nasbinals.

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