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L'église d'Aunac
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Aunac est situé sur les contreforts de l'Aubrac. Pour y arriver depuis Aurelle-Verlac, vous pourrez partir vers le sud, passer par Saint-Geniez d'Olt, puis Saint-Côme d'Olt, remonter en direction d'Aubrac, et tourner à Salgues.
Aunac est aujourd'hui un cul de sac, mais le village était autrefois situé sur une route qui allait de Laguiole à Salgues permettant ensuite de repartir vers Saint-Chély ou de continuer à descendre vers Saint-Côme d'Olt.
Aunac est un village ancien. Sans parler des traces d'occupation gauloise, il suffit de signaler que l'un des premiers Doms d'Aubrac, Dordé, était originaire d'ici.
Une autre preuve d'ancienneté du village est l'acte passé à Salgues le 31 mai 1264 chez Dame Esclarmonde, entre le dom d'Aubrac et Guillaume de Mandailles, prévoyant une redevance de douze deniers pour le luminaire de l'église d'Aunac. Le don était hypothéqué sur le pré de Théron.
Comme vous le constaterez en entrant, on a beaucoup enterré autour de l'église d'Aunac au cours des siècles, et le sol environnant l'église est maintenant nettement plus haut que le sol naturel. Il a même fallu creuser (sur l'ordre de l'évêque Champion de Cicé, en 1778), une sorte de douve autour de l'église pour éviter que l'humidité environnante ne pénètre l'édifice.
L'extérieur de l'église n'a pas à mon avis d'intérêt majeur, si ce n'est pour constater que le clocher peigne central a été sauvagement consolidé avec du béton.
Le porche d'entrée date, pour sa base, du XVème
siècle. Le haut a été refait en 1606.
L'église est petite : 15 mètres de long, 11 de large aun niveau du transept, 5 mètres ailleurs. Cela la rapproche ainsi de l'église de Verlac ou de celle d'Aurelle.
La nef ne comporte que deux colonnes, qui sont les vestiges du XIIème siècle.
Le maître retable a été restauré en
dernier lieu au XIXème siècle. Il représente le Christ en croix avec, à droite Saint
Pierre, patron de l'église, portant les clefs, et à gauche, Saint Paul et son glaive.
Les colonnes ornées de pampres et de raisins, dites salomonesques, permettent de dater le
retable des années 1650/1750 (les personnages étant du XIXème siècle).
Au-dessus des volutes latérales, identifiés par une inscription sur leur socle se trouvent deux statues de saints bien particuliers : Abdon à gauche, en robe rougeâtre, et Sennen à droite, en robe verte.
Nés en Perse, ils furent martyrisés à Rome en 254. Le martyre prévu était celui des lions, mais les braves bêtes se couchèrent au pied des deux saints, comme ils sont aujourd'hui couchés au pied de leurs statues, et il fallu revenir à des méthodes plus classiques pour trancher le fil de la vie des deux hommes.
Leurs reliques furent cachées dans des tonneaux à double fond, avec du vin de part et d'autre, pour les rapatrier à Arles sur Tech au Xème siècle. Ils devinrent ainsi au passage les patrons des tonneliers.
Leurs talents étaient par ailleurs multiples, puisqu'ils guérissaient les enfants malades ou rachitiques, tout en protégeant des sauterelles et de la grêle (j'avoue avoir du mal à trouver le rapport, mais peut-être saurez-vous me le donner).
Dans la chapelle de gauche, vous trouverez le retable de Saint Martial, qui vient de retrouver, grâce à une restauration récente, des couleurs pétard absolument spectaculaires.
Dans l'autre chapelle, le retable de Notre Dame de Pitié est tout à fait
atypique. Il n'a pas encore été restauré, et présente donc encore un mélange de
peinture marron et de dorure qui semble dater de la restauration de 1879.
Il aurait été réalisé en Rouergue durant la première moitié du XVIIIème siècle. Il est cité lors de la visite de Monseigneur d'Ize de Saléon en 1739.
Il est formé d'un panneau unique taillé dans deux pièces de chêne (c'est ce panneau qui est reproduit ici), surmonté d'un entablement en noyer.
La Vierge tient sur ses genoux le corps de son fils, avant l'ensevelissement. Les instruments de la Passion sont représentés sur le retable :
La
bourse en en haut à droite de la tête de la Vierge.
Les
trente deniers de Judas sont alignés en bas à gauche (paradoxalement, ils ne sont pas
dorés).
La
lanterne (à droite au milieu) de Malchus, serviteur du grand prêtre Caïphe, qui eut
l'oreille coupée d'un coup d'épée par Saint Pierre ; sa blessure fut immédiatement
guérie par Jésus.
La
torche rappelle également la recherche de Jésus la nuit, au mont des Oliviers, par les
soldats romains.
La
colonne de la flagellation est à gauche, le fouet et les verges sont en bas à droite.
Derrière la colonne, l'échelle qui servit à descendre le Christ de la croix.
La
lance par laquelle un soldat romain a blessé le Christ est croisée avec la pique portant
l'éponge vinaigrée avec laquelle sa plaie fut nettoyée.
Le
calice, devenu plus tard le Graal, qui servit à recueillir le sang versé est au milieu
à gauche.
Le
marteau, les clous qui crucifièrent le Christ, et les tenailles qui servirent à enlever
les cloux sont en bas à droite.
L'aiguière avec laquelle Ponce Pilate se lava les mains.
Le coq
qui chanta après que Saint-Pierre ait renié le Christ.
Les
dés avec lesquels les soldats jouèrent les vêtements du Christ.
La
couronne d'épines.
Le
crâne qui rappelle le lieu du supplice, le mont du crâne (Golgotha).
Je ne sais pas en revanche à quoi fait référence l'étoile.
Et qu'est ce qui manque sur cette représentation ? La croix, tout simplement...
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