La Roque Valzergue

La Roque Valzergue est citée dans toutes sortes de documents historiques, compte tenu de son importance passée. En voici un exemple : il s'agit du texte de l'accord mettant fin à la première croisade contre les Albigeois (les Cathares), signé devant Carcassonne le 14 janvier 1224 (reproduit dans l'histoire générale du Languedoc et dans Comprendre la tragédie des Cathares, cités dans la bibliographie)

Voici les conventions passées entre nous, comtes de Toulouse et de Foix d'une part, le comte Amaury et les siens d'autre part.

Au sujet des promesses que nous avons faites en vue d'obtenir la paix de la Sainte Eglise Romaine et du comte Amaury, ce dernier doit consulter ses amis de France, faire ce qu'ils lui conseilleront, oeuvrer de bonne foi pour que nous obtenions la paix de l'Eglise et la sienne, ne pas y faire obstacle en quoi que ce soit et nous donner une réponse avant la Pentecôte prochaine sur ce qu'il y aura lieu de faire à ce sujet.

Jusqu'à cette date, toutes les églises devront rester en l'état actuel, et conserver en paix tout ce qu'elles possèdent, spécialement le seigneur archevêque de Narbonne et ses suffragants, le seigneur évêque d'Agen, tous les autres prélats du pays et les clercs, où qu'ils soient.

Narbonne, Agde, Penne d'Albigeois, la Roque de Valsergue, Termes, et toute la terre que tient Amaury, ou qui est tenue en son nom, à l'exception de Carcassonne, de Minerve et de Penne d'Agenais, demeurent sous la sauvegarde de la trêve pendant les deux prochains mois. C'est à dire que nous n'attaquerons pas ni ne permettront qu'on attaque les biens ni les personnes qui tiennent ces châteaux et ces villes ; nous ne récupérerons ni ces châteaux ni ces domaines, si ce n'est de la volonté de ceux qui les gardent et de ceux qui les habitent.

Nous pourrons entrer dans Narbonne et dans Agde autant que nous le voudrons, à condition de ne pas attenter aux droits des églises ni des habitants de ces cités, de n'exercer aucune violence, et de ne pas récupérer nos droits sur ces cités avant deux mois.

Nous devrons rendre leurs héritages tant aux chevaliers qu'à tous ceux qui ont été dépossédés pour avoir adhéré au parti du comte Amaury, spécialement aux habitants de Béziers, de Narbonne et de Carcassonne, ainsi qu'à Armanieu d'Albret, Raymond de Capendu, Raymond-Bernard de Rovignan, Bérenger de Montlaur, la comtesse de Rodez et son fils, et Raymond-Arnaud de Saissac, du mieux que nous pourrons, sans violence et de bonne foi. Nous ne leur ferons aucun tort pour avoir adhéré au parti du comte, à condition cependant qu'ils nous jurent fidélité et nous demeurent fidèles.

Nous promettons enfin de donner au comte Amaury, dans les délais fixés par lui et par nous, dix mille marcs d'argent, s'il obtient la paix complète de l'Eglise pour nous et pour nos alliés.

 

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