Clément Cabanettes

Un aventurier dont le destin a changé souvent...

La maison natale de Clément Cabanettes, à Saint-Côme d'OltIl est le troisième fils de paysans relativement aisés installés à Ambec, hameau de la commune de Lassouts, près de Saint-Côme d'Olt.

Pour aller à Ambec, quittez Saint-Côme en prenant la route de Saint-Geniez d'Olt par Castelnau-Lassouts.

A quelques kilomètres de la ville, dans un virage à gauche pour prendre un pont, prenez une route étroite qui part sur la droite. Un petit panneau, mieux visible lorsque l'on arrive de Saint-Geniez, indique "Ambec". Suivez la route, jusqu'au premier carrefour entre deux routes goudronnées, ou vous prendrez à droite. A quelques centaines de mètres, vous trouverez alors le hameau d'Ambec. La première maison, derrière un haut portail, est la maison natale de Clément Cabanettes.

Il y est né le 14 août 1851. Il a la chance de suivre l'enseignement des frères marianistes à Saint-Côme, puis d'être envoyé au collège d'Espalion.

Clément CabanettesIl entre ensuite, plus par "hasard" que par vocation, au grand séminaire de Rodez en 1871.

C'est alors que se produit le premier changement de destin : il quitte le séminaire, et s'engage le 12 décembre 1872 au 46ème régiment d'infanterie stationné à Rodez. Clément Cabanettes quittera l'armée le 30 juin 1877 avec le grade de sous-lieutenant de réserve.

Second changement de destin : il "monte" à Paris, et est engagé au Crédit Lyonnais, qui n'est pas encore le "Crazy" Lyonnais de nos jours.

En 1879, il apprend que la république argentine cherche à recruter des officiers français pour moderniser son armée. Il décide alors d'un nouveau changement radical, et part pour l'Argentine en novembre 1879.
Il est alors pris dans des mouvements politico-économiques qui le dépassent totalement. Vous en lirez le détail dans Pigüé, le livre cité dans la bibliographie.

Au cours de ces événements, il entre en contact avec les représentants d'une société qui souhaite introduire dans le pays le téléphone inventé par Graham Bell.

 C'est ainsi que l'on peut lire dans le numéro de "La Prensa" du 16 février 1881 : "Monsieur Cabanettes, directeur de la société du Pan-téléphone de Léon de Loch, qui a obtenu une licence d'exploitation pour le "parleur" microphonique système Loch, appelé "Pan-Téléphone" a eu l'autorisation du président de la municipalité, Monsieur Torcuato de Alvear, d'établir une ligne d'essai depuis le "Coliseum" jusqu'au bâtiment de la municipalité. La ligne s'étendra sur une longueur de 12 cuadras (1 cuadra = 250 m) et aura, en outre, une résistance de fil en bobine de 10 à 15 kilomètres (sic)".

Le fait que le général Roca, chef de l'État, décide aussitôt de faire poser des lignes entre son domicile personnel et la Casa Rosada, siège de la présidence, ne suffit ni à assurer à Clément Cabanettes sa pérennité à la tête de la société (il se retire l'année suivante) ni à le convaincre de continuer à travailler dans ce domaine.

Deux ans après, on le retrouve, tentant de mettre en place un commerce de machines agricoles dans des provinces en cours de colonisation, et cherchant à fonder une colonie agricole.

Sa deuxième tentative sera la bonne. Il achète au début de l'année 1884 27000 hectares, au prix de 40 pesos l'unité, dans la région du ruisseau de Pi-hué, qui deviendra Pigüé.

François IssalyLes premiers prospectus envoyés en France proposent d'attribuer des lots de terre, payables en 6 annuités (par la cession de la moitié des récoltes). L'agent de Clément Cabanettes pour ces recrutements s'appelle François Issaly.

Fin juin 1884, Clément Cabanettes arrive à Rodez. Il vient soutenir l'action de recrutement, qui a démarré doucement. Il repart le 27 septembre 1884, ayant reçu l'assurance que 40 familles (soit environ 160 personnes) le rejoindront bientôt.

Eduardo CaseyLes mauvaises récoltes des années 1885, 1886 et 1887 conduisent Clément Cabanettes, incapable de faire face aux exigences du contrat de vente, en raison de l'absence de versements des agriculteurs qu'il a incités à venir s'installer avec lui, à résilier celui-ci. Il perd la propriété de Pigüé, et les aveyronnais signent de nouveaux contrats, plus durs, avec Eduardo Casey, le précédent propriétaire des terres.

Cabanettes continue à résider à Pigüé, et y devient l'objet d'une vénération étonnante. Il continue d'agir pour la communauté, en organisant l'élection d'un conseil municipal, en obtenant la création d'une charge de juge de paix.

A l'occasion de son second mariage, il s'installe à Buenos Aires, ou il va créer un établissement de bains.

Il va ensuite tenter à nouveau, à plusieurs reprises, la création de colonies agricoles, qui seront presque toutes des échecs.

Il meurt le 14 juillet 1910 à Buenos Aires.

Une statue a été érigée à sa mémoire, à Pigüé.

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