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Jean-Pierre
Bourgade, |
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(c) Laurent Clavel 2004, avec l'aimable autorisation de l'auteur.
Source : Evêché de Rodez, Notice nécrologique de « La semaine religieuse de Rodez » du 5 novembre 1880. Archives générales de la congrégation du St Esprit 12, rue du Père Mazurié 94669 Chevilly-Larue. Service Historique de la Marine de Vincennes dossier CC87 n° 300. Archives Nationales de la Légion dhonneur. Généalogie AD 12.
Jean Pierre, le futur aumônier, voit le jour le 18 septembre 1809 à Pomayrols près de St Geniez dOlt, fils de Jean Bourgade, cultivateur alors âgé de 48 ans et de Marianne Vieillecazes. Il est tout dabord « placé » au collège de cette ville, puis en novembre 1832, il entre au grand séminaire dont les cours se donnaient alors à Vabres. De là, il se rend à Paris pour faire ses études de théologie au séminaire du St Esprit, appelé aussi séminaire colonial. On sent poindre dans ce choix un goût pour les pays lointains et cest sans doute avec un grand bonheur, que devenu prêtre en 1838, il reçoit son affectation à lîle Bourbon (1).
Ils
sont deux, le père Soulans et lui-même à embarquer le 30 janvier 1839 à Bordeaux sur
le trois mâts « lAristide ». Cette traversée dure à lépoque, si tout va
bien, près de cent jours. Ils embarquent en qualité de passager aux frais de lEtat
à la table du capitaine, pour un pénible voyage en mer de près de cinq mois. Le
capitaine ne leur donne quune nourriture « ni saine ni suffisante ».
Croyant accoster à lîle Maurice, il aborde à Madagascar. De plus, fait peu
courant, sur les accusations de son équipage, il sera condamné pour maltraitance lors de
larrivée le 1er juillet 1839 à Bourbon (2). Les premières préoccupations du
jeune prêtre du clergé colonial nous sont connues par deux lettres quil adresse au
supérieur du séminaire du Saint Esprit (3). Il demande, dans lordre, un abonnement
à la revue « lUnivers », qu'on lui procurer quelques livres et quune somme
dargent soit transmise à sa mère. On y apprend également, dans lune,
quil quitte à regret Saint André pour Saint Paul
pour un remplacement dun prêtre malade et dans lautre, se félicite que la
maison - entendre le séminaire du Saint Esprit - se remplisse délèves et
quil accompagne les derniers jours dun prêtre mourant.
Successivement, vicaire à St Denis, St André et St Paul, curé des paroisses de St Leu en 1841, St Benoît en 1844 puis de limportante paroisse de St Paul en 1847. Selon sa nécrologie « ses forces ne répondirent pas aux ardeurs de son zèle et il dut regagner la métropole au début de 1849» Jai corroboré le contenu de celle-ci avec son dossier militaire, mais demeure dans sa biographie un pieu silence.
A la Réunion, dans ce milieu esclavagiste, on a voulu faire une réplique exotique des chrétientés rurales métropolitaines. Les prêtres sont tenus de se concilier les maîtres pour rencontrer les esclaves et, peu à peu, se résignent à nêtre que le curé de leur paroisse à défaut dêtre missionnaires des Noirs. Les modalités de lémancipation suscitent à lintérieur dun clergé peu nombreux et à la réputation sulfureuse, supposée ou réelle, une profonde division. A la proclamation de la République en 1848 de nombreux curés se joignent au mouvement de protestation et de sauvegarde des intérêts coloniaux. Une délégation des communes se réunit en juillet, on y dénombre six ecclésiastiques des paroisses les plus importantes, dont celle de St Paul du curé Bourgade. Le 20 décembre 1848, après la récolte de la canne à sucre, Sarda Garrigua, Commissaire Général déclare labolition officielle de lesclavage. En grande pompe et avec solennité, une grande messe est célébrée à St Denis en sa présence. Ce climat se retrouve dans les paroisses, à St Paul, le maire se félicite de la conduite du curé « Le citoyen Bourgade, a fait une allocution toute paternelle aux nouveaux citoyens (les affranchis) empreinte de ses sentiments paternels qua toujours mis en pratique notre respectable curé, leur rappelait que du travail, du respect aux lois, découlait le bonheur et lordre » (4).
Quelle est
son attitude ? Quelles sont ses prises de positions ? Sil eut été trop ouvertement
pour labolition de lesclavage il aurait été depuis longtemps expulsé de
lîle. Mais ne suit-il pas en cela la position de léglise qui prône une
abolition progressive ? De toute façon son ministère semble sêtre déroulé sans
grand fait saillant, les archives ecclésiastiques locales sur cette période, bien que
très fragmentaires, ne le mentionnent peu et ne citent que brièvement ceux ayant
participé aux événements. Tout au plus ai-je trouvé mention dune note adressée
par M. Poncelet, le préfet apostolique au Père Monnet, « le Père des Noirs » dans
lhistoire réunionnaise, où il se plaint davoir plusieurs prêtres, dont
Bourgade, tous sans affectation et plus préoccupés de récupérer des piastres prêtées
que dexercer leur ministère.
Libermann, lartisan de la création des évêchés coloniaux, dans son état du clergé mentionne, selon lui, les abus les plus fréquents. Il cite tour à tour les excès de mondanités, labsence détudes théologiques, le défaut de prudence et de réserve avec le « sexe », le désir damasser de largent par tous les moyens. Le déblocage de cette société dans limpasse ne peut intervenir quà partir dune intervention extérieure imposant une rupture. Labolition a pour conséquence la transformation en 1850 de la Réunion, de terre de Mission en Evêché et la nécessité de recourir à des hommes neufs. On assiste alors à des révocations en masse de curés dont plusieurs sont décrits comme des prêtres immoraux : amalgame, calomnie ou accusation fondée (5) ?
Acteur ou victime ? Je ne peux rien affirmer et ne sais comment il vit cette période. De janvier 1849, date de sa révocation du clergé colonial, à février 1851, ses débuts dans la marine, je ne trouve aucune trace de ce quil fait pendant près de deux ans, le délai de retour ne peut tout expliquer. Une chose est sûre, il ne baisse pas les bras et tente dobtenir un poste daumônier. A lépoque le Ministère de la Marine et des Colonies ne font quun et pour la bonne compréhension du déroulement de sa carrière, il convient de rappeler que la séparation de lEglise et de lEtat ninterviendra à la Réunion, quau début du XXème siècle. Mais le candidat noccupe que le douzième rang et, de plus, lévêché de Quimper a reçu des « renseignements assez fâcheux » le concernant. Il faut une lettre de lEvêque de St Denis à celui de Quimper, qui dissipe tout, et surtout change le cours de sa vie. En voici de larges extraits (6) « Sil est bien vrai que cet ecclésiastique fut destitué pour des faits dimmoralité qui se seraient passés à Bourbon, voici ce que je lis dans une lettre de M. Guérec, alors vice préfet de cette colonie, « je reconnais que M Bourgade a été calomnié, si vous saviez les ignobles moyens employés contre lui, jai vu bien du monde à St Paul et tous mont dit quils avaient autant destime pour cet ecclésiastique que de mépris pour son calomniateur » Le prélat cite le témoignage de Romain Desfossé (7), Ministre de la Marine « Jai connu M Bourgade à Bourbon pendant neuf ans et daprès la connaissance personnelle que jai de son caractère, je déclare que lappréciation faite sur son compte est contraire à la vérité et quelle est empreinte dune étrange partialité Je désire ardemment que le clergé colonial recrute de tels pasteurs ». Le 19 février 1851 lévêque de Quimper lui donne les pouvoirs spirituels.
Devenu aumônier, il prend alors part à de nombreuses expéditions militaires du Second Empire, et son apostolat commence et finit avec lui. Il embarque en mars 1851 sur le « Henry IV » commandé par le comte de Gueydon (8) alors capitaine de vaisseau dont il acquiert lestime et qui jouera un grand rôle dans ses nominations futures. Dès 1852, celui-ci dans lappréciation annuelle de ses subordonnés indique « conduite, moralité et santé très bonne, je suis on ne peut plus satisfait de la manière dont labbé Bourgade remplit les fonctions de son ministère, les services à bord et son long séjour aux colonies, où il a laissé beaucoup de regrets, justifient suffisamment la demande que je fais pour lui de le proposer pour la Croix de la Légion dhonneur ». Il la reçoit à Toulon le 28 septembre 1852 des mains du « Prince Président », le futur Napoléon III, alors en voyage en province dans son opération de séduction de larmée et du clergé.
Affecté en 1853 à la division du Levant sur le « Gomer », après le bombardement dOdessa, la campagne de Crimée terminée, il profite dun congé pour se rendre en Palestine pour y faire un pèlerinage en Terre Sainte. Le 1er octobre 1854 il est promu aumônier de première classe.
Il est de
1856 à 1858 affecté à la division des Antilles sur le « Cléopâtre ». Affecté à
Toulon quelques mois en 1859 il embarque la même année sur le « Breslaw » et le «
Bretagne » de 1860 à 1862 Il participe ainsi à la campagne dItalie. Son statut ne
permet pas quil combatte mais en revanche, il a « assisté » au combat de
Salé (9). Peut-on faire un lien entre ce fait militaire, non daté et aujourdhui
oublié, et la mention, elle même non datée, extraite de sa nécrologie « nous
voudrions dire comment, dans un moment critique, il sut mettre la nonciature apostolique
de Naples à labri des ravages de linvasion garibaldienne » ? Cest
possible, car il est un ardent défenseur du Pape et de lEglise. Après
lItalie il accompagne la flotte pour lexpédition de Syrie où il est nommé chevalier du St Sépulcre
par le patriarche de Jérusalem.
Le 12 août 1862 il est élevé au grade dofficier de la Légion dHonneur et sera le seul natif de Pomayrols, à ce jour, à avoir reçu cette distinction (10). De 1862 à 1866 il est affecté à larsenal de Brest à létablissement des Pupilles de la Chapelle St Louis. Durant cette période à terre se manifestent des problèmes de santé, qui par trois fois nécessitent « lusage des eaux », lui occasionnant de longs arrêts. Si ses annotations sont toujours les mêmes, « labbé Bourgade remplit avec zèle et succès les fonctions du Saint Ministère. Il jouit à un haut degrés de lestime et de laffection des personnes qui se trouvent en relation avec lui » sil se voit décerner des qualificatifs aussi voisins quélogieux que par le passé, en revanche la mention « santé excellente » ne figure plus pendant un certain temps.
Il convient ici de rappeler que durant cette fin de XIXème siècle la séparation des catholiques en gallicans, attachés à la dimension nationale, et ultramontains, partisans de Rome atteint son paroxysme. Cest cette conception qui triomphera au Concile de Vatican I en 1869/1870. Il est de ces derniers et une ébauche de note écrite en 1861 par le compte de Gueydon, devenu vice amiral, nous éclaire à ce propos sur son attitude « dans lemploi daumônier à la division des Antilles vous avez, en général, mérité mon approbation. Cette expérience est la cause principale de vous destiner à lemploi daumônier supérieur. Une seule chose ma été signalée comme devant être de votre part le motif dun sérieux retour sur vous même, cest lardeur avec laquelle, dans des discussions forcément publiques dans létroit espace dun bâtiment, vous soutenez des opinions, qui, vous le savez, n'ont pas la sympathie de la plupart des officiers ni des équipages. Jai aujourdhui les motifs les plus valables de vous affirmer que sur le Cléopâtre, votre piété et votre dévouement, hautement reconnu par tous vous aurez mis à même de réaliser dans une mesure encore plus large, si les tendances fortement accentuées de vos conversations n'y avaient mis obstacle. Comprenez moi bien, lorthodoxie du prêtre ne fait pas question » Je ne sais dans quelle mesure il samende, mais il nobtient sa promotion daumônier supérieur de la flotte que trois ans après, le 25 septembre 1864.
Lorsque Mgr Coquereau, laumônier en chef de la flotte, meurt le 10 décembre 1866, il ne veut, selon sa nécrologie, « en aucune façon consentir à le remplacer ». Son dossier militaire, quoique moins explicite sur ce sujet, laisse, lui, à penser quil aurait été susceptible dobtenir cette promotion. A la même époque, peut être espère-t-il encore retourner Outre Mer, car le comte de Gueydon devenu vice amiral et Préfet Maritime, qui lavait toujours soutenu, indique dans sa note annuelle « je ne vois aucun aumônier plus digne doccuper un canonicat à St Denis. Ce serait la légitime récompense des services rendus par labbé Bourgade à la Réunion dans des temps difficiles, et depuis lors à bord de nos vaisseaux en qualité daumônier supérieur » Mais sil a ce vu, il ne se réalise point car de 1866 à 1868 il est affecté sur le « Solferino » une frégate, pour lépoque, révolutionnaire avec sa coque en bois ceinte de fer forgé dotée dune machine de 900 chevaux et dune voilure auxiliaire(11). Au terme de ces deux ans, il sollicite un congé de six mois pour aller à Paris et Rodez et se rendre à Rome. Lautorisation pour Rome ne lui est accordée que pour quinze jours.
De retour à Toulon en 1869 il embarque, pour la dernière fois, un peu plus dun mois sur le « Savoie » en partance pour Cherbourg. Cest là que le 2 janvier 1870 il est admis à faire valoir ses droits à la retraite après plus de trente ans de service -10 aux colonies, 12 en mer et 8 à terre-. Sa pension devait être importante car les aumôniers supérieurs perçoivent une solde correspondant au grade de capitaine.
Il en profite tout dabord pour aller à Rome, durant le Concile, déposer ses hommages aux pieds du Souverain Pontife. Un prêtre de Cambrai (12), témoin de laudience papale décrit « laccent de foi, denthousiasme et damour » dans lequel se présente laumônier. Selon ce témoignage, le Pape le reconnaît et labbé Bourgade sécrie :
« Très St Père, vous savez que depuis quinze ans que lon ma fait entrer dans la Légion dhonneur, je viens vous offrir comme chaque année ce que me rapporte ma croix (13) pour la première fois de ma vie je me trouve un peu en retard ; mais cest la faute du gouvernement et non la mienne »
« Ah figlio mio ! » répondit Pie IX, « je voudrais que tous les mauvais payeurs vous ressemblent, les huissiers se croiseraient les bras »
Mais cette fois-ci, reprend labbé Bourgade « japporte trois offrandes. Dabord mes 500 francs dofficier pour ma quote-part, puis 20 francs qui composent toutes les économies dun digne prêtre et enfin une humble aumône de 50 centimes infiniment plus précieuse à cause du sacrifice quelle représente »
« De qui vient cette offrande ? » demande le pape attentif.
« Elle vient dun infortuné jeune homme de ma paroisse qui nest plus, pour ainsi dire, quun buste vivant. Il est affligé dune gibbosité qui lempêche de sétendre. Ce nest pas tout ce paralytique vit daumône et apprenant que je venais à Rome, a redoublé de privations et de jeûnes pour épargner ces 50 centimes pour les offrir au denier de St Pierre »
Pie IX pleurait en écoutant cette émouvante histoire et dit en levant les yeux au ciel, « dites bien à ce cher fils combien ce témoignage à touché mon cur, que je le bénis et prierai pour lui »
Il semble quau Ministère on nest pas abandonné toute idée de lui proposer un poste dans les colonies, probablement sur sa demande ou pour le moins avec son aval. Mais une lettre du prêtre de la Mission des Noirs, le père Levavasseur, le missionnaire des esclaves dans lhistoire réunionnaise, déclare en 1870 « labbé Bourgade, fort aimé de beaucoup de gens le connaissant mal, est loin dêtre sans reproche »(14). Lépisode de lîle Bourbon nest pas oublié ! Et puis il y a dautres priorités, la guerre vient déclater. Il se porte volontaire, en quelques mots, qui commencent par « si un prêtre rhumatisant peu encore servir..» et se termine par « je nai pas besoin de solde, ma première pension me suffit ». Il sera affecté à larmée de Paris, chargé des fonctions daumônier au fort de Romainville où il restera durant tout le siège.
Après la guerre, il revient à St Geniez et lorsque Mgr Bouret, alors évêque de Rodez, fait part à son clergé du projet de créer de nouvelles prébendes afin de procurer une retraite aux prêtres, labbé Bourgade est un des premiers à mettre à sa disposition tout le capital nécessaire pour sa fondation dont il devient lui-même le premier titulaire.
Il ne reste pas oisif. Il se préoccupe surtout « de faire du bien » et de « favoriser les uvres utiles » Il a particulièrement à cur les intérêts de Pomayrols. Il contribue à obtenir de lEtat une subvention pour la construction dun pont sur le Lot, entre St Geniez et sa paroisse natale, à laquelle il lègue des sommes « considérables » à travers diverses uvres.
Il va encore par deux fois à Rome. Il profite de lun de ses pèlerinages pour se procurer une calotte neuve quil apporte à laudience du St Père pour solliciter un échange et sa demande est acceptée. Ceux qui lont connu disent la dévotion quil porte à Pie IX et avec quelle joie le chanoine montre à ses visiteurs la calotte quil a installée dans un reliquaire dans son salon.
La Marine avait sollicité pour lui, lors de son départ à la retraite, le titre daumônier supérieur honoraire pour, outre sa carrière honorablement remplie, deux motifs : celui davoir assisté au combat de Salé et davoir servi près de deux ans dans la division du Levant et de larmée doccupation du Pirée, cruellement éprouvé par deux épidémies. Ce titre honorifique, refusé dans un premier temps afin de ne pas créer de précédent, lui est finalement accordé en 1875.
Mais en1878 la maladie revient et, sil se relève de sa paralysie, il perd presque entièrement lusage de la mémoire et de la parole. Le 7 octobre 1880, alors en consultation médicale à Rodez, il se plaint de suffocation. Aussitôt, on appelle le médecin et Mgr lévêque, le malade le reconnaît et reçoit labsolution en pleine connaissance. Les obsèques sont célébrées en la cathédrale et la cérémonie terminée, sa dépouille est transportée à Pomayrols, selon son désir. Lors de son enterrement, les habitants viennent, une dernière fois, manifester leur reconnaissance à leur bienfaiteur, que tout le monde ici appelle le « Canonge »(15) et qui ont tant de fois bénéficié de sa générosité.
Il était un ultramontain militant, toutefois il est difficile de savoir, faute de source, quelles furent ses pensées et lon ne peut que faire des extrapolations. Jusquen 1919 est publié un journal intitulé « lUnivers » sous différentes formes, départementale, hebdomadaire, numéro spécial etc (16). On y trouve des idées que nous qualifierions aujourdhui de conservatrices. Cléricalisme, royalisme, papiste et antirépublicain semblent être les traits caractéristiques de ses articles dopinion. Il convient aussi de rappeler que ce courant était répandu en cette fin de XIXème siècle. On se rappelle que sa première préoccupation, arrivé à la Réunion fut son réabonnement à ce journal. On peut penser quil en fut un fidèle lecteur et que sil ne partagea pas toutes ses idées il en épousa certaines. Celui-ci le lui rend bien, dans larticle paru à loccasion de son décès, dans le style allusif de lépoque, on peut lire « labbé Bourgade sut toujours faire respecter son ministère ; sans rien perdre de la dignité de son caractère, il eut dans le milieu difficile où il était placé, le talent de se concilier lestime et laffection de tous. Il ne manqua jamais, quelles que fussent les circonstances où il se trouvait, de défendre avec énergie la parfaite intégrité des droits du St Siège. Loin de contacter quelque chose des idées libérales des hommes considérables avec lequel il ne cessait dêtre en rapport, il dissipait bien des préjugés et répandait la lumière par la netteté de ses principes, la franchise de ses réparties et laffirmation de sa foi »
Mon aïeule Bourgade, aimait à dire quil y aurait un pécule légué par un prêtre à la disposition dun de ses descendants qui entrerait dans les ordres, mais lon sait ce que vaut ce type de mémoire familiale. Lorsquon ouvre le testament olographe du chanoine daté du 9 mai 1877, il confie en préambule son âme à Dieu et lègue tout ce quil possède à des uvres de religion et de bienfaisance et « fonde » une bourse au séminaire en faveur dun enfant de Pomayrols. Les traditions familiales ne contiennent vraiment quune part de vérité.
Laurent CLAVEL
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