Maurice Fenaille

Maurice Fenaille

La statue-menhir de Saint-SerninMaurice Fenaille (1855-1937), était d'abord le fils de son père : celui-ci s'était associé en 1853 avec un négociant en graisses. En 1865, il s'associe avec deux autres personnes et met en vente la Saxoléine, huile de pétrole destinée à l'éclairage. C'est le début de l'ère pétrolière -c'est seulement en 1859 que Francis Drake a creusé son premer puits à Titusville, Pennsylvanie. En 1881, Maurice Fenaille, qui est entré dans l'entreprise quelques années plus tôt, part aux Etats-Unis travailler dans la filiale de Fenaille et Despeaux installée à New York. Il en revient rapidement, puisque son père étant décédé en 1883, il lui succède à cette date. Il ajoute à la Saxoléine l'Oléonaphtine et le Saxol, deux lubrifiants, ainsi que le Benzo-moteur, essence pour voitures et avions.

L'entreprise continue à se développer au rythme de l'utilisation du pétrole dans la vie courante. Son statut juridique évolue également : elle devient une société anonyme, La Pétroléenne, qui fusionne avec l'Economique (les fondateurs perdent alors la majorité au profit de la Standard Oil & Cie. La société prendra en 1936 le nom de Standard Française des Pétroles, puis, en 1952, de Esso Standard.

Ces considérations bassement économiques, et bien loin de la verdure de l'Aubrac, étaient nécessaires pour que vous compreniez l'immensité de la fortune de Maurice Fenaille.

L'entrée de ZénièresL'homme est curieux de tout. Il voyage en Angleterre, en Espagne, en Palestine, en Italie, en Allemagne (il est un wagnérien accompli), en Egypte : il assistera à l'ouverture, par Howard Carter, du tombeau de Toutankhamon, et échappera à la fameuse malédiction !

Il ramène de ses voyages les dernières nouveautés : des piscines, qu'il fera installer dans ses différentes résidences, l'électricité domestique, qu'il produira lui-même, des automobiles et des avions.

Comme tout cela n'épuise pas ses disponibilités, il concrétise son goût pour l'art par une activité de mécénat, au profit des Musées français mais aussi au profit de nombreux artistes contemporains à qui il commande des oeuvres. Les plus célèbres bénéficèrent de ses largesses : Auguste Rodin, Antoine Bourdelle, Viala, ...

Sensible à l'art décoratif, il collectionna aussi les tapisseries et les gravures des XVIIè et XVIIIè siècles.

Il donnera une grande partie des oeuvres ainsi commandées, et d'autres achetées tout au long de sa vie, à de multiples musées français.

Sa générosité ne se limite pas à l'art : en 1916, son fils Pierre Fenaille échappe par miracle à la mort en combat aérien au-dessus de la ville de Cléry sur Somme. Il prend à sa charge la reconstruction de la ville : 70 maisons sont construites par ses soins et offertes aux indigents, il fait des avances à la commune et aux autres propriétaires, finance tous les travaux d'adduction d'eau et fait même replanter érables et sycomores sur la grand'place.

L'hospice Fenaille, au col d'EngayresqueVoici maintenant l'histoire de son arrivée en Aveyron : il épouse en novembre 1887 Marie Colrat, née et élevée au château de Montrozier, près de Rodez. Son cadeau de mariage est simple et délicat : il rachète le château et l'offre à son épouse. Ils s'y rendront fréquemment, et la découverte de l'Aveyron sera pour Maurice Fenaille une nouvelle occasion de mécénat.

Il devient membre de la société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron en 1903, mais il intervient dans tous les domaines : il encourage l'amélioration de la race bovine Aubrac, ainsi que la race ovine Lacaune, à partir de laquelle on produit le Roquefort. Il crée une école d'agriculture à Montagnac, ainsi qu'après guerre, un centre de rééducation agricole pour les mutilés de guerre. Il crée un sanatorium au col d'Engayresque, entre Séverac-le-Château et Millau. Il crée un atelier de fabrication de tapis à Zénières (Montrozier) pour les jeunes filles de la région.

Il restaure entièrement le château Renaissance de Montal, dans le Lot, et l'offre à l'Etat en 1913.

Il achète et aménage également l'hôtel de Jouéry, rue Saint-Just à Rodez, et en fait don à la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron en 1929. Il devint en 1937 le Musée qui porte son nom, et dans lequel figure en particulier une collection de statues-menhir que j'ai longtemps rêvée de voir...  

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