La statue-menhir de Saint-SerninLe Musée Fenaille La statue-menhir de Saint-Sernin

Chapiteau, XIIème siècle, Onet le ChâteauLe Musée Fenaille présente les collections de la société des arts, lettres et sciences de l'Aveyron à Rodez, accumulées grâce aux achats de la société à plus de 1000 donateurs, dont le plus important a été Maurice Fenaille, qui a notamment offert en 1937 à la société l'hôtel de Jouéry, qu'occupe aujourd'hui le musée.

Malheureusement, en 1988, la société ne pouvait plus assumer la charge du bâtiment et la sécurité des oeuvres, et elle a dû se résoudre à fermer.

C'est la communauté d'agglomération du Grand Rodez qui a repris le flambeau, et s'est lancée dans une rénovation magnifique : on a ajouté à l'hôtel de Jouéry une seconde maison, ouvrant sur l'hôtel de ville. C'est par là que vous entrerez (ignorant ainsi l'entrée historique de l'hôtel, mais il était difficile de prévoir deux entrées).

La rénovation a été conçue par la conservatrice, Annie Philippon, et l'agence Philippe Dubois. C'est une réussite splendide. Il faudra toutefois que le personnel reste aussi mobilisé qu'il l'était lors de ma visite, pour accompagner les visiteurs et leur suggérer de déclencher les animations très bien conçues qui présentent quelques périodes charnières de l'histoire de l'Aveyron, mettant en valeur à cette occasion les collections du musée. Sans cela, les visiteurs ne verront que des vitrines sombres, et tout ceci sera un échec...

Statue Menhir du Mas Capelier

La statue-menhir du Mas Capelier, 2ème moitié du IIème millénaire avant JC. Grès, hauteur 75 cm, Musée des antiquités nationales de Saint-Germain en Laye n° 46047, photo RMN H Lewandowski

La première collection, introduite par la présentation de la préhistoire, permet de découvrir les statues-menhirs que j'avais depuis si longtemps rêvé de découvrir là. Je dois le dire, j'ai été un peu déçu. Le parti pris est celui de la sélection des statues les plus représentatives ; en conséquence, on en voit peu, alors que j'imaginais une accumulation spectaculaire...

Elles sont présentées dans la lumière naturelle, puisqu'il s'agissait d'oeuvres d'extérieur. Le conseil général a d'ailleurs, me suis-je laissé conter, le projet d'en réaliser des copies pour les réinstaller dans la campagne aveyronnaise, ce qui serait magique.

La statue menhir n'est pas une exclusivité rouergate, vous l'apprendrez en visitant le musée. Le groupe rouergat est l'un des plus importants, c'est vrai, mais on trouve aussi des statues menhirs en Bretagne, en Corse, et jusque dans la lointaine Russie.

Elles semblent avoir été sculptées entre 3200 et 2200 avant notre ère.

On sait peu de choses sur elles, alors je vais vous épargner les habituelles hypothèses, pour vous demander de les regarder avec des yeux sincères.

Les cartels restent discrets et sont très bien rédigés, profitez-en.

Vous pourrez voir des statues-menhirs dans leur emplacement historique, dans une promenade située au sud du département.

Après les statues menhirs, vous descendrez d'un étage et progresserez de quelques centaines d'années pour arriver à l'époque gauloise. Vous comprendrez alors que Rodez a été une ville gallo-romaine de la plus belle eau : vestiges de villa et mosaïques magnifiques. Il n'y en a pas de si belles à la maison des thermes de Saint-Saturnin de Lenne.

L'un des intérêts du musée Fenaille et l'un des partis pris les plus intéressants de la rénovation a consisté à demander à Michel Cure, artiste de Pierrefiche, près de Saint-Geniez d'Olt, de proposer des reconstitutions de paysages à chacune des époques charnières évoquées par le musée : le résultat est à la hauteur du talent de l'artiste. L'attention des visiteurs n'est pas forcément attirée vers ces oeuvres, qui  sont considérées comme relevant de la présentation muséographique, mais n'oubliez pas de les regarder avec davantage d'attention, maintenant que je vous en ai parlé.

Divinité gauloise, Ier siècle

Divinité gauloise, grès, Bozouls, Ier siècle

Sur la partie gallo-romaine, la production des ateliers de poterie de la Graufesenque est abordée, mais la richesse de la collection présentée n'a pas grand à voir avec celle du musée de Millau, et la visite du site même de la Graufesenque vous en apprendra bien davantage.

Les collections Renaissance, à l'exception du Christ de Bonnecombe, ne m'ont pas transporté de joie, même si leur présentation est toujours de haute volée, et parfaitement documentée.

A ce sujet, n'oubliez pas, au cours et à la fin de votre visite, de consulter les bornes multimédia mises à votre disposition dans le musée : elles sont remarquablement documentées, même s'il faut un certain temps pour comprendre les principes de navigation : on a l'impression que les concepteurs de ces outils merveilleux prennent un malin plaisir à concevoir des présentations d'une élégance irréprochables, mais qui sont rien moins qu'instinctives et en conséquences, découragent la plupart des utilisateurs dans les trois premières secondes, les privant ainsi de découvrir des contenus passionnants. L'un des cédéroms en particulier est une somme sur les richesses de l'Aveyron, qui m'a laissé penser que le présent site est vraiment d'une pauvreté affligeante à cet égard...

 

 

 

 

 

 Le Christ de Bonnecombe, bois, XVIème siècle

 

 

Hôtel de Jouéry, le toit de verre fermant la cour intérieure

Hôtel de Jouéry, la cour intérieure

 

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