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Pierre sculptée sur la façade d'une des maisons de la bastide
1281 - Sauveterre de Rouergue

Monument historique

La place des arcades de Sauveterre de Rouergue1281. C'est une date facile à retenir, et c'est la date de fondation de Sauveterre de Rouergue par Guillaume de Macon, Sénéchal de Rouergue, représentant du roi de France Philippe III le Hardi. Ce dernier signera une charte de franchises en 1284.

Ne prenez pas la chose à la légère, il s'agit là de géopolitique médiévale, et le mot n'est pas choisi au hasard.

A la mort d'Alphonse de Poitiers (qui avait déjà fondé par exemple Monflanquin en 1256), comte de Toulouse par son mariage avec Jeanne, soeur de Raymond VII de Toulouse, le roi Philippe III le Hardi fait saisir le comté de Toulouse. Il nomme un sénéchal qui gouverne en son nom. Pour s'assurer la maîtrise de ce territoire nouvellement acquis, il fonde des bastides, en leur attribuant quelques privilèges et exemptions.

Le plan de la bastide de Sauveterre de Rouergue

Au même moment, les rois d'Angleterre présents en Aquitaine pratiquent de même en fondant des bastides comme Beaumont de Périgord (1272), Caillac 1280), Monpazier (1285) ou Hastingues (1289).

La place aux arcades, appelées ici "chitats" mesure 600 toises ou, de façon plus contemporaine, 60m par 40m.

Les arcades datent pour la plupart des XIVème et XVème siècle, peu de temps donc après la fondation de la bastide.

N'hésitez pas à pousser la porte à double battant qui est photographiée ci-dessous. Elle est située juste à côté de l'office du tourisme, et vous permettra de découvrir la structure du bâti : une maison sur la place, une courette intérieure joliment décorée de têtes humaines et animales, et une deuxième maison derrière.

La porte de l'hôtel de ville de Sauveterre de RouergueLa rue Saint-VitalAu sud de la ville, vous trouverez deux portes monumentales, la porte Saint-Christophe (ne manquez pas la statue de Saint-Christophe en bois peint qui se trouve à l'intérieur) et la porte Saint-Vital.

Vous comprendrez parfaitement, en visitant Sauveterre, ce qu'est une bastide : une construction d'une traite, d'un petit centre urbain méthodiquement organisé et protégé (le fossé en eau que vous avez remarqué en entrant en ville faisait autrefois le tour des murailles).

Cette recherche de perfection n'a pas empêché que les constructions, comme souvent à l'époque, ne tentent d'empiéter sur l'espace public. Ainsi, la rue Saint-Vital, visible ci-contre, présente des encorbellements successifs qui réduisent la luminosité de la rue.

La mère et l'enfant, avec la cruche à eau, rue Saint-Vital (dit aussi : Sainte Valérie et son enfant allant porter l'eau à son mari Saint Vital)Vous constaterez aussi que l'église n'est pas au centre du village, mais rejetée sur le côté de celui-ci. Encore heureux, elle reste tout de même à l'intérieur des murs. Mais cela n'a pas toujours été le cas. L'église a en effet été déplacée pour rentrer à l'intérieur de l'enceinte. Vous verrez sur l'horloge de l'église une petite phrase pleine de bon sens : "Les heures passent vite, ces heures dont dépend notre éternité". Et dans le jardin au pied de l'église, une croix de chemin d'une facture inhabituelle.

Ne manquez pas non plus, sur le "boulevard extérieur" sud, entre les portes Saint-Vital et Saint-Christophe, la croix de la Merette.

Une porte, sur la place des arcadesPourquoi Sauveterre de Rouergue n'a-t-elle pas connu la réussite d'une autre bastide voisine, Villeneuve de Rouergue, qui est devenue aujourd'hui une vraie ville ?

La encore, les explications sont principalement géographiques : Sauveterre est bâtie en plaine, ce qui explique son plan parfaitement régulier. Mais cette plaine est trop petite pour constituer l'arrière-pays agricole dont avait besoin toute ville médiévale pour se développer.

L'autre chance de développement reposait sur les échanges commerciaux. La charte de franchises de Sauveterre insiste d'ailleurs sur la création de foire et marchés, et sur le fait que ces marchandises sont exemptées du droit de leudes. Toutefois, la ville est à l'écart des routes commerciales importantes : vous l'aurez d'ailleurs constaté en y arrivant, il faut quitter la grand route et la laisser à une dizaine de kilomètres pour arriver à Sauveterre.

Absence de transit important, arrière-pays trop limité, Sauveterre ne pouvait grandir. La ville nouvelle a échoué, mais grâce à cet échec, nous pouvons aujourd'hui visiter un village charmant et agréable, qui témoigne d'un moment de l'histoire.

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