Les Sénéchaux de Rouergue de 1216 à 1790

  Il était une fois...

Merci à un de nos visiteurs, qui nous a fourni le texte ci-dessous et la liste qui suit, tirés d'un livre de H. Affre cité dans la bibliographie.

La liste des sénéchaux de Rouergue que nous donnons après ce court exposé, est le fruit de nos anciens travaux d'inventaire et de quelques recherches spéciales. Chacun des noms qu'elle contient, à l'exception d'un petit nombre de ceux qui la commencent et la terminent, empruntés à différentes listes imprimées, provient de plusieurs actes au­thentiques, ou bien de comptes consulaires qui ne le sont pas moins. Ainsi cette nomenclature, quoique encore incomplète, pré­sente, croyons-nous, moins de défectuosités que celles qui ont été publiées jusqu'à présent.

L'origine du comté de Rouergue est encore entourée de quelque obscurité.

Suivant l'opinion la plus accréditée, l'établissement de ce grand fief remonterait à Charlemagne, et le premier comte ayant une existence parfaitement prouvée serait Gilbert, qui ne vivait plus en 820. Les officiers de cet ordre, d'abord amovibles et révocables au gré du Souverain, réussirent à rendre leur autorité viagère, et enfin, sous les derniers Carlovingiens, à ériger leurs gouvernements ou comtés en principautés héréditaires. Parvenus à ce haut degré de l'échelle féodale, ils se déchargèrent sur d'autres des fonctions qui leur avaient été attribuées, et on les vit à leur tour placer à la tête de leur domaine des administrateurs qui, sous le nom de baillis dans le Nord, et de sénéchaux dans le Midi, eurent le maniement des finances, la conduite des troupes provinciales et la charge de! rendre la justice.

Le premier sénéchal de Rouergue mentionné par l'historien de Gaujal est Guillaume de Bénac, exerçant en 1216 au nom d'Amaury de Montfort. Quelques-uns de ses successeurs furent nommés par les comtés de Toulouse, auxquels le comté de Rouergue appartint jus­qu'en 1271. Mais à dater de cette époque, ce dernier fief ayant été réuni à la couronne, les sénéchaux dépendirent des rois de France ; et cet état de choses ne fut passagèrement interrompu que par le malheureux traité de Brétigny, qui fit passer (la)  province sous la domination anglaise. Plusieurs articles des privilèges accordés à Najac, en décembre 1368, permettent d'assurer que cette petite ville fut pendant un temps plus ou moins long le siège de la sénéchaussée. D'après un mémoire dressé en 1505 par l'autorité communale de la Cité de Rodez au sujet des tailles, Rodez l'aurait aussi possédée ; ce qui lui valait, est-il dit, la visite de nombreux étrangers, source de profits abondants pour son commerce et son industrie. Aussi ces deux villes firent-elles, à des dates différentes, des démarches multipliées dans le but de recouvrer cette faveur; Villefranche, quoique de fondation récente et malgré sa situation à l'extrémité de la province, l'emporta sur elles et obtint, en juin 1370, comme récompense de son active participation à l'expulsion de nos ennemis d'outre Manche, que le sénéchal, son juge-mage et le trésorier du Rouergue ne pussent avoir ailleurs leur résidence.

Une des obligations du sénéchal consistait à se rendre, accompagné des officiers de sa cour, dans certains lieux déterminés de son ressort pour y rendre la justice dans des assises périodiques et tenues publiquement. Très rarement les autorités locales se dispensaient de lui offrir un cadeau ; ce qui ne les empêchait pas d'exiger courtoisement du haut personnage le serment de maintenir et conserver les franchises de la communauté ou son devoir l'avait appelé. Un arrêt de règlement rendu, le 19 janvier 1495, par le parlement de Toulouse, changea ce mode de procéder en statuant que les assises ne se tiendraient plus qu'au siège de la sénéchaussée, c'est-à-dire à Villefranche. En vertu de ce même acte, le sénéchal ne devait avoir que deux lieutenants principaux, un lai et l'autre clerc, et un commissaire ad universitatem causarum, chargé de suppléer au besoin les lieutenants. Il lui était loisible, lorsqu'il se trouvait en ville, de présider les audiences et les conseils, et alors le juge-mage, son lieutenant né et ancien assesseur, et qui avait la prééminence sur les autres officiers, se plaçait immédiatement à sa droite. Le règlement portait en outre que les notaires "autres gens indoctes" , bien qu'ils fussent bacheliers ou licenciés, ne pouvaient, s'ils ne comptaient cinq ans d'études dans une université, être admis à opiner en la cour du sénéchal; mais il leur était permis de " gainher leur vie en office de procureur, advocat ou notaire", selon leur bon plaisir. Si cependant il y avait parmi eux "deux notables bacheliers bien doctes et de mérite cogneuz", par exception aux dispositions précédentes, le règlement dont il s'agit autorisait la cour à se les adjoindre dans ses délibérations.

L'érection d'un présidial à Villefranche, en 1552, vint encore modifier l'organisation de cette cour de justice. Le nouveau tribunal, qui prit le nom de sénéchal-présidial, et dont l'objet était de soulager le parlement en le déchargeant d'un grand nombre d'appels de peu d'importance, se composa d'abord de quinze conseillers. A sa tête fut toujours le sénéchal, mais avec un rôle considérablement amoindri au profit de celui du juge-mage. Peu de temps après cette création, les avocats et les procureurs au service des parties, quoique très nombreux à Villefranche, y étaient fort occupés, grâce à plusieurs seigneurs du dehors qui avaient également dans cette ville "leurs judicatures et courtz" ; ce qui faisait dire à un contemporain en parlant des v gens de praticque", qu'ils étaient "tous riches et vestus de soye"! .

Les greffes du présidial s'affermaient alors 10 000 livres ; et le sceau de la sénéchaussée, réputée une des plus belles de France, 1500 livres. La légende de ce sceau, en 1576, por­tait simplement ces mots : Sigillum senescallie Ruthenensis.

square6.gif (287 octets) 1.GUILLAUME de BÉNAC, sénéchal en 1216 pour Amaury de Montfort.

square6.gif (287 octets) 2. BÉRENGER CENTULLI, établi en 1226 par le comte de Toulouse Raymond VII. On trouve en 1231 et autres dates voisines de celle-ci un personnage de mêmes nom et prénom parmi les chanoines de la cathédrale de Rodez. On disait en langue vulgaire "Berenguier Cen­tols" .

square6.gif (287 octets) 3. GÉRAUD DE MALAMORT, sénéchal pour le roi Saint-Antonin en 1226 et 1249, 11 fut sénéchal du Quercy en 1256.

square6.gif (287 octets) 4 BERTRAND ROQUES, sénéchal pour le comte de Toulouse en 1245.

square6.gif (287 octets) 5. JEAN DES ARCIS, chevalier, sénéchal pour Alfonse comte de Toulouse en 1251 et 1253.

square6.gif (287 octets) 6. PIERRE DE LANDREVILLE, sénéchal pour Alfonse en 1256. Il l'était en même temps de l'Albigeois.

square6.gif (287 octets) 7. PHILIPPE DE BOISSY ou BOISSIÈRE, che­valier, créé par Alfonse, comte de Toulouse et de Poitiers, en 1263, et confirmé ensuite par le roi, encore en place en 1266.

square6.gif (287 octets) 8. GAUFFRIDI BASSI, chevalier, sénéchal en 1276 et en septembre 1278. Bonet-Louzet, juge-mage.

square6.gif (287 octets) 9. GUILLAUME DE VIENNE ET DE MACON (Matiscone), professeur ès lois, chevalier, sénéchal en 1278 et au mois d'août 1281.

square6.gif (287 octets) 10. PIERRE BOUCHE, chevalier, sénéchal en 1281, et au mois de novembre 1286.

square6.gif (287 octets) 11. AUBERT DE NANGEVILLE, chevalier, sénéchal en juin 1287 et en novembre 1294.

square6.gif (287 octets) 12. GUI CAPRARII ou DE CABRIÈRES, chevalier du roi, sénéchal en mai 1296.

square6.gif (287 octets) 13. GUILLAUME DE COMBIROUSE (de Combrosio), chevalier, sénéchal en décembre 1296 et en février 1299.
D'après une indi­cation erronée du registre dit de l'Epervier , des archives communales de Millau, de Gaujal l'a compris parmi les sénéchaux du comté de Rodez. Raymond de Bistarre était juge­mage sous Guillaume de Combrouse.

square6.gif (287 octets) 14. JEAN DE COCYAC, chevalier, seigneur de Beaumont, sénéchal en août1299 et en juillet 1302.

square6.gif (287 octets) 15. GUIBERT DE PEYREFORT, sénéchal en1302.

square6.gif (287 octets) 16. PIERRE D'ALHI (de Alhiaco), chevalier, sénéchal en juillet 1305.

square6.gif (287 octets) 17. PIERRE DE FERRIÈRES, chevalier, sénéchal en juillet 1306 et fin décembre 1319. Pons d'Homelas, chevalier, professeur de droit, juge-mage.

square6.gif (287 octets) 18. GUI DE CABRIÈRES (Guido Caprarii), chevalier du roi, sénéchal en 1320 et 1321.

square6.gif (287 octets) 19. DALMAS DE MARZIAC, chevalier, sénéchal en janvier 1322 et en mai 1325.

square6.gif (287 octets) 20. RÉGNAUD DE JARMOLE, chevalier du roi, sénéchal en juin 1327 et en septembre 1333.

square6.gif (287 octets) 21. PIERRE DE FERRIÈRES, chevalier, sénéchal en juillet 1334 et en août 1338.Pierre Aurelzer, clerc du roi, juge­mage.

square6.gif (287 octets) 22. GUILLAUME ROLLAND, chevalier, seigneur de Valon et de Villecomtal, sénéchal en 1339 et en septembre 1344. C'est à cette époque qu'a été réalisé le recensement de la Sénéchaussée de Rouergue que vous pouvez consulter ici.

square6.gif (287 octets) 23. Gui DE MORTEMAR, chevalier, sénéchal en septembre 1345 et en septembre 1316.

square6.gif (287 octets) 24. FOULQUES DE MORAS, chevalier, seigneur de Grésiac, sénéchal en 1347 et en juin 1354.

square6.gif (287 octets) 25. GUILLAUME DE MORIERS, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, sénéchal en avril 1355 et en février 1356.

square6.gif (287 octets) 26. R. DE LA ROQUE, sénéchal en décembre 1357. Suivant les comptes de Gui Pessoles, trésorier du consulat de la Cité de Rodez, il arriva dans cette ville le jeudi après la Saint-André 1357, peu après avoir été nommé "seneschals en Roergue per lo Rey nostre senhor".

square6.gif (287 octets) 27. BERTRAND DE TERRIDE, seigneur de Penneville et de Borret, diocèse de Toulouse, sénéchal en avril 1358 et en octobre 1361. Les mêmes comptes de Gui Pessoles nous apprennent que ce personnage, nommé sénéchal tout récemment, arriva à Rodez le 9 juillet 1358. Il contracta mariage, le 9 février 1361 devant Guill. Canac, notaire de Rodez, avec Maralde de Landorre, soeur d'Arnaud, seigneur de Cadars et de Salmiech.

square6.gif (287 octets) 28. AMANIEU Du FOSSAT, nommé par le prince de Galles, était en fonctions dès le 31 décembre 1362. Il occupait également ce poste le 16 septembre 1368.

square6.gif (287 octets) 29. THOMAS DE WETEBNHALE, chevalier, nommé par le prince de Galles, était en charge dès le 4 décembre 1364, comme on le voit par les lettres de ce sénéchal, données à Saint-Antonin sous cette date, et qui font partie de la liasse cotée AA2 des archives de la Cité de Rodez. Il fut tué et ses troupes complètement défaites "e las plassas de Monlhaur", sur la fin de septembre 1369. Le 3 octobre suivant il y eut des prières publiques à Millau pour le repos de son âme. David Cradoc, chevalier, était lieutenant général de ce sénéchal. De Gaujal l'appelle Thomas de Walkefare et lui donne pour successeur Thomas de Witewall. Mes nombreuses recherches me portent à croire que cet historien s'est trompé, et qu'il n'y a! eu d'autre sénéchal du prénom de Thomas que celui que j'indique.

square6.gif (287 octets) 30. ARNAUD DE LANDORRE, chevalier, seigneur de Salmiech (Solomedio), vicomte de Cadars, fut nommé par Charles V vers le milieu d'avril 1369 et exerçait encore le 14 novembre 1374. Il avait épousé Jeanne Rolland, fille de Guillaume, un de ses prédécesseurs.

square6.gif (287 octets) 31. Gui DE LASTEYRIE, chevalier, seigneur de Salenx, nommé par le duc d'Anjou, était en charge en novembre 1376. Il fut tué dans l'hôtel-de-ville de Montpellier, en 1379, à l'occasion d'un subside pour la levée duquel le duc d'Anjou l'avait nommé principal commissaire.

square6.gif (287 octets) 32. ARNAUD DE LANDORRE redevint sénéchal peu de jours avant le 12 juin 1380. Il exerçait encore le 2 juillet 1386.

square6.gif (287 octets) 33. GARIN D'APCHER, chevalier. Holino de Chirac passa par Millau le 5 septembre 1386, en se rendant à Villefranche pour prendre possession de la sénéchaussée au nom dudit d'Apchier. Celui-ci était encore en charge le premier octobre 1389.

square6.gif (287 octets) 34. PIERRE, seigneur de Fontenay, chevalier et chambellan du roi, sénéchal le 3 février 1390 et aussi le 8 août 1394.

square6.gif (287 octets) 35. JEAN DE FOLHALA, sénéchal en 1395.

square6.gif (287 octets) 36. JEAN DE BONNEVANT, chevalier, seigneur dudit lieu et de la Condamine, reçut un cadeau offert par les consuls de la Cité de Rodez, le 24 février 1397, à l'occasion de sa récente promotion au sénéchalat. Il exerçait encore le 16 juillet 1406.

square6.gif (287 octets) 37. Gui D'AUTRY, seigneur de La Lande, chevalier et chambellan du roi, sénéchal le 15 mars 1411.

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square6.gif (287 octets) 61. ANNE DE NOAILLES, capitaine de 50 hommes d'armes, baron de Noailles, comte d'Agen. Il se démit en faveur du suivant au mois de février ou de mars 1657.

square6.gif (287 octets) 62. FRANÇOIS DE BUISSON, marquis de Bournazel, capitaine de cent hommes d'armes, sénéchal le 8 mai 1657, date du départ des consuls et du procureur du roi de Millau, chargés d'aller le complimenter. Il exerça sans interruption jusqu'à la fin de janvier 1681, époque de sa mort.

square6.gif (287 octets) 63. JEAN DE BUISSON, marquis de Bournazel, avait obtenu des lettres de survivance, en date du 15 juillet 1677. Il était en­core en place le 13 décembre 1704 et aussi en 1710, suivant le Calendrier du Rouergue pour 1776 . Jean Durieu, écuyer, seigneur de Kaymar, juge-mage.

square6.gif (287 octets) 64. JEAN-MARC DE DUFAURE, chevalier, comte de Boissières, en Quercy, sénéchal en 1711 et 1720.

square6.gif (287 octets) 65. LOUIS-VICTOR DUFAURE, chevalier, seigneur de Montjaux, acheta, en 1720, avec l'agrément du roi, la charge de sénéchal. Les Annales de Villefranche, qui s'arrêtent à l'année 1731, le signalent à cette date comme non encore installé.

square6.gif (287 octets) 66. JEAN-BAPTISTE DE MARIN, comte de Moncan, lieutenant-général et grand'croix de l'Ordre de Saint-Louis, fut nommé sénéchal et gouverneur du Rouergue le 1er mars 1767. Il resta en charge jusqu'à sa mort, en 1779.

square6.gif (287 octets) 67. Le prince DE SAINT-MAURIS-MONTBAREY, sénéchal en 1788. Charles-Joseph Dubruel, juge-mage, était encore en fonction le 18 juin 1790.

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