La transhumance
La transhumance

La transhumance est une tradition qui a failli se perdre. On n'utilisait plus le mot que pour qualifier les longues théories d'automobiles engluées sur les routes au début et à la fin de l'été (vous savez, la transhumance estivale, qui va avec la dissipation des brumes matinales sur la télévision nationale).

Transhumance vers la croix de la Rode et le signal de MailhebiauLa transhumance consiste à transférer quelques dizaines de ruminants (par exploitation, mais au total il y en a des centaines) de l'étable de plaine dans laquelle ils ont passé l'hiver, vers les gras pâturages de l'Aubrac.

Pendant quelques années, la tradition a donc failli se perdre, non que l'on ne fasse plus monter les vaches sur l'Aubrac (quoique nous ayons appris depuis qu'il est possible de produire un steak sans faire manger un gramme d'herbe à la malheureuse bestiole...), mais plutôt parce que la montée ne se faisait plus qu'en camion. C'est plus rapide, ça n'encombre pas les routes, ça ne les salit pas avec des bouses (mais avec du dioxyde de carbone et autres joyeusetés), et donc on n'avait plus beaucoup d'hésitations.

Mais, il y a quelques années, quelques paysans se sont souvenus de ce que faisaient leurs ancêtres, et se sont dit qu'après tout, une journée de marche au grand air ferait autant de bien au propriétaire qu'au troupeau.

Comme en plus, cela rejoignait le souci des "acteurs du tourisme" de recréer des animations propices à attirer les foules, c'est ainsi que l'on s'est retrouvé avec, chaque année, des dizaines de milliers de personnes qui se retrouvent à Aubrac pour la fête de la transhumance.

Je transhume, moi !Mais le plus important, c'est que la transhumance n'a pas lieu que pour la fête. A la saison, on voit monter, notamment par Verlac, des dizaines de troupeaux, pas nécessairement le jour de la fête. Les vieilles habitudes sont revenues. La seule concession à la modernité, c'est que l'on continue à faire monter les veaux en camion, parce que sinon le rythme serait vraiement trop lent. Et des vaches marchent sur des dizaines de kilomètres pour rejoindre les herbages où elles passeront l'été.
 
La montée des troupeaux se fait le 25 mai, à la St Urbain, et les bêtes restent en estive
jusqu'au 13 octobre (St Géraud).
La fête de la transhumance à Aubrac se déroule donc le dimanche le plus proche du 25 mai, et la
fête de l'Estive le samedi matin proche du 25 mai.

Il faut avoir assisté au moins une fois à la montée (les vaches sont splendidement décorées, en tous cas les plus belles d'entre elles), mais aussi aux retrouvailles, plus haut sur le plateau, entre les vaches et les veaux :
Vous avez des veaux dans des camions, et des vaches dans un pré. D'un coup, vous ouvrez les camions, et vous avez les veaux qui en sortent, et tout ce monde qui se met à meugler comme si la fin du monde était arrivée. La montagne en tremble, et vous, vous regardez et vous écoutez, bouche bée...
Et puis, petit à petit, chaque veau retrouve sa mère, qui le flaire pour le reconnaître, puis le lèche (si c'est bien lui) ou lui flanque une bourrade (si c'est un autre). Un quart d'heure plus tard, le grand silence est revenu, tous les veaux tètent tant qu'ils le peuvent, et un autre quart d'heure plus tard, tout le monde est couché pour une sieste réparatrice.

La fête de  la transhumance à Saint-Chély d'Aubrac, 25 mai 2002, par Alain Rey

La transhumance est une expérience exceptionnelle, il ne faut pas la manquer...  

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