Le jardin botanique d'Aubrac

Je reproduis ci-dessous un article paru dans la Dépêche du Midi, dimanche 25 Juin 2000

Sphaigne, pavot jaune, thé de l'Aubrac, colonia à grandes feuilles ou myosotis des marais.
Toutes ces plantes et 500 autres sont rassemblées dans le jardin botanique d'Aubrac. Une visite guidée de la nature.

Entre la route et la Dômerie, un drôle de jardin attend le promeneur à Aubrac. Il s'agit de l'un des cinq véritables jardins botaniques du Sud-ouest. Il n'en existe aucun autre en Aveyron (1).

Mais pourquoi visiter un jardin botanique installé sur l'Aubrac? « C'est un endroit où on n'a pas à faire des kilomètres pour trouver une plante et où on est sûr de les trouver réunies », répond Francis Nouyrigat, son fondateur. Plus de 500 espèces de plantes s'y côtoient sur 300 m2. Et puis, il n'est pas facile pour un novice de distinguer l'ail serpentin et l'ail des ours, de repérer le thé d'Aubrac... Ici, chaque plante est accompagnée de ses noms commun et latin. Des étiquettes signalent les plantes comestibles, les séquelles de l'ère glaciaire... L'association pour le développement, l'animation et la sauvegarde de l'Aubrac, qui gère le jardin, prévoit aussi d'installer des panneaux d'information. Car un jardin botanique a, d'abord, une vocation scientifique.

Zones sèches ou ombragées, sous-bois et milieux humides, tout l'Aubrac est représenté ici. Une tourbière, alimentée par un petit ruisseau, a même été recréée dans ces lieux. Elle héberge un bloc de sphaigne et des droseras, petites plantes carnivores protégées. Preuve de sa bonne santé, les plantes s'étendent.

On trouve presque de tout dans ce jardin. La colonia à grandes feuilles, originaire des Andes mais présente sur l'Aubrac depuis un siècle. L'arabée des Cévennes, que l'on ne trouve que sur l'Aubrac et dans les Cévennes. Des plantes médicinales comme le colchique d'automne, excellent contre la goutte mais... mortel. La saponaire de Montpellier, montée des flancs de la vallée du Lot sur le plateau en dix ans. A l'inverse, certaines plantes qui existaient sur le plateau il y a seulement vingt ans ont disparu. « L'évolution du climat », soupire Francis Nouyrigat.

Les collectes de plantes se poursuivent au gré de promenades sur l'Aubrac. Et le travail d'entretien, assuré par des bénévoles, est incessant. Karine Rieucau, l'emploi-jeune de l'association, travaille à la mise en place d'une exposition de roches de l'Aubrac. Jusqu'alors, elles étaient simplement posées dans le jardin.

Ce jardin, sous sa forme actuelle, a vu le jour il y a cinq ans. Mais Francis Nouyrigat collecte des plantes depuis treize ans. Son premier jardin était installé sur la place du village. « Je l'avais fait pour intéresser mes petites filles », se souvient- il. Les fillettes s'en sont finalement lassées mais pas les touristes. Ils seraient plusieurs milliers à le visiter chaque année.

F. R.

(1) Ce recensement provient d'une thèse réalisée en 1998 sur l'Aquitaine et Midi-Pyrénées par un étudiant en pharmacie à Toulouse, Eric de Robillard de Beaurepaire.

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